Antinoüs

(Broché)
de Nicolas Henri (Auteur)
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EN RÉSUMÉ

Quand le mythe devient chair…
Si Zeus avait eu le choix, ce n’est pas Ganymède qu’il aurait choisi… Cette déclaration d’amour d’Hadrien, empereur d’une Rome à son apogée, marque le début d’une relation exceptionnelle dont l’histoire ne garde pour toute trace qu’une des plus importantes statuaires de l’histoire de l’humanité, hommage au destin tragique de l’être aimé.
Si le parcours d’Hadrien est aujourd’hui bien connu et a fait l’objet de nombreuses fictions, celui de son amant restait à imaginer.
Car l’on sait très peu de chose du petit berger de Bithynie, sinon que rien ne laissait présager sa rencontre avec l’homme le plus puissant du monde d’alors, ni la fin dramatique de leur relation…

C’est à cette découverte touchante et sensuelle que nous invite Nicolas Henri dans son nouveau roman.

À PROPOS DE L'AUTEUR
Nicolas Henri
Nicolas Henri a obtenu le « Prix du roman gay 2004 » pour son premier ouvrage, "Bleu Caraïbes" (H&O poche). On lui doit trois autres romans, tous publiés par H&O : "La nuit de Mortefagne", "Le prince de Kazarkhan" et "Les garçons d'Acapulco".
Bleu Caraïbes
Broché  7,50€
Les garçons...
Broché  17,00€
epub 2.0  8,22€
La nuit de...
Broché  17,00€
epub 2.0  8,22€
Le prince de...
Broché  17,00€
epub 2.0  7,50€
FICHE DÉTAILLÉE

320 pages au format 13,5 x 21 cm

Photo de couverture © David Vance.

Commentaires

Soumis par ALT JEAN YVES le
« Antinoüs » de Nicolas Henri ou l'amour sans pudeur L'empereur Hadrien (76-138) était un homme exceptionnel, d'une intelligence et d'une culture rares, dont l'essentiel de la vie fut sa passion pour le jeune Antinoüs. L'Amour est grave, parfois terrible... Les scènes transcrites par Nicolas Henri parcourent toutes les régions de l'empire d'Hadrien, des élévations les plus sublimes de l'âme jusqu'aux exultations les plus triviales du corps. Les lecteurs seront sans aucun doute séduits par l'enchantement des premières, même si elles sont assez rares dans ce roman : « Antinoüs porterait-il encore le même regard fervent sur son empereur ? Bien sûr, Hadrien savait qu'il obtiendrait tout ce qu'il voulait de lui. Quel garçon de cet âge aurait osé lui résister ? Mais il redoutait sa soumission ; ce à quoi il aspirait, c'était de la connivence, de la complicité. Plutôt qu'un garçon qui se donne, il voulait un amant qui partage... Mais que peut partager un berger avec un partenaire qui dispose du droit de vie ou de mort sur tout un empire ? Comment faire comprendre à l'aimé que ce n'est pas l'empereur qui le convoite, mais Hadrien, mortel parmi les mortels... ? » (p. 129) Mais que les lecteurs ne soient point troublés par les secondes (fréquentes et très explicites), qui témoignent, sous l'égide de la beauté, des mœurs d'une civilisation qui vivait les réalités de l'amour tout autrement. « Antinoüs » de Nicolas Henri, n'est nullement un roman bêtement édulcoré, épuré de toute représentation de la sexualité et du culte que de toute éternité l'homme voue à son phallus. C'est bien Éros dans tous ses ébats que le lecteur découvre à de nombreuses reprises, même si tout est aménagé pour que jamais ne s'installe la moindre ambiguïté qui pourrait faire prendre les pages de ce roman pour une annexe de l'« enfer » d'un collectionneur érotomane. Ce roman livre le parcours chronologique du jeune éphèbe tout à la fois très didactique (parfois même trop !) et fort réjouissant. Les scènes sexuelles évoquent divers aspects de l'amour physique y compris le plaisir solitaire, l'amour de groupe ; certaines scènes rappellent l'importance du rôle joué par la prostitution, le fait de se prostituer équivalent dans certains cas à un acte de piété. Enfin, la pédérastie, prise dans le sens originel du mot – une relation entre l'homme mûr et l'adolescent incluant des valeurs pédagogiques et ne menant pas nécessairement à un commerce sexuel – semble avoir perdu, à l'époque de l'empereur Hadrien, son sens originel. Si une petite partie du livre est consacrée à l'invocation d'Éros comme protecteur des relations nuptiales et de la fertilité des couples, le plus souvent, le bel éphèbe symbolise l'évocation du plaisir et de l'amour homosexuel. Avec le personnage d'Antinoüs, Éros devient plus sage, plus sentimental quand il évoque les amours homosexuelles entre l'empereur Hadrien et l'adolescent, entre l'éraste et l'éromène. Ce qui n'empêche pas l'auteur de ne pas cacher le commerce sexuel. Ce roman montre autant la tendresse et le désir que la réalité des faits. L'éraste devait guider son éromène avant le passage à l'âge adulte et lui inculquer dans le plaisir le goût du beau, de la beauté tant physique que spirituelle. Autant dire que sous le regard de l'empereur Hadrien et de son amant Antinoüs, on ressent une certaine nostalgie devant les vestiges d'une civilisation qui savait représenter sans pudeur des amours vécues sans honte. Zoé Oldenbourg (in « Le roman historique », NRF, n°238, octobre 1972) écrivait que pour « attaquer de front l'Histoire, le romancier doit y être poussé par le sentiment d'une nécessité » : c'est cette nécessité qui n'est pas lisible dans le roman de Nicolas Henri. Peut-être parce que l'auteur a choisi un narrateur externe qui ne fait que relater, certes dans une langue magnifique, les actions des personnages, en occultant dans son roman ce qui relève de la raison et de la morale. Pour atteindre au mieux l'humain et l'universel, il aurait été préférable de choisir Antinoüs comme narrateur : le lecteur se serait trouvé alors devant une réalité unique, celle de ce garçon-là, à ce moment-là, dans ce lieu-là. Et c'est par ce détour que l'universalité aurait pu prendre forme. « Antinoüs » est un « roman d'amour » homosexuel : la passion de l'empereur pour son favori illumine tout son règne et lui permet d'adopter cette ultime devise stoïcienne : patience. Certes, Hadrien fait aussi référence à ses amours féminines. Mais il manque dans ce roman le destin d'un homme d'État, également une méditation sur l'amour et sur le sens de la vie, enfin une réflexion sur la mort. Lorsque le roman se clôt, l'empereur meurt dans le seul regret d'Antinoüs : « Petite âme, âme tendre et flottante, Compagne de mon corps, qui fut ton hôte, Tu vas descendre dans ces lieux Pâles, durs et nus, Où tu devras renoncer aux jeux d'autrefois. » (p. 312) Jean-Yves Alt, http://culture-et-debats.over-blog.com/2017/05/antinous-nicolas-henri-2016.html#ob-comments